Harold Mayot : « Gagner un tournoi du Grand Chelem junior dès l’année prochaine »

À seize ans, le cadet Harold Mayot est déjà surclassé. Quarante-cinquième joueur mondial de sa catégorie, le pensionnaire du Pôle France de Poitiers joue avec les juniors, ce qui lui réussit plutôt bien. Rencontre avec celui qui rêve de remporter un tournoi du Grand Chelem junior dès l’année prochaine.

 

7h00. Le réveil sonne. Tous les matins à la même heure, la même routine. La même mécanique de précision. Celle d’un champion en devenir. À seize ans, Harold Mayot est l’un des espoirs du tennis français. Depuis la rentrée 2014, le CREPS de Poitiers est sa nouvelle maison. Il y habite. S’y entraîne. Y étudie.

7h45. Étudier, justement. Harold suit chaque jour trois heures de cours par correspondance, grâce à un partenariat entre l’Éducation nationale et la Fédération de tennis. Un choix de vie réalisé il y a quelques années. À douze ans, Harold décide de quitter sa famille, installée à Marly, en Moselle. Direction Poitiers, donc. Il y rencontre son coach depuis désormais quatre ans, Bruce Liaud. « J’ai tout de suite vu son fort caractère », s’en amuse son entraîneur, « une énergie à canaliser, qu’il faut conserver tout en gommant les mauvais côtés ». Côté études, à l’habituelle question « qu’aimerais-tu faire plus tard ? », l’adolescent est sûr de lui. « Je voudrais faire du tennis mon métier ».

11h. Et pour construire son rêve, le jeune espoir s’implique. Vingt-cinq heures de tennis hebdomadaires. Ses journées sont rythmées par les séances d’entraînement. Deux par jour : une le matin, une l’après-midi. La première est souvent basée sur du physique – vitesse, musculation… Des séances pour progresser. Car Harold s’est fixé des objectifs précis. « Être sur le circuit pro dans cinq ans et gagner un Grand Chelem junior à dix-sept ans ». Soit l’an prochain. Cette année, il participera à Roland-Garros, Wimbledon et l’US Open dans la catégorie junior. « Je pense qu’il est encore un peu précoce pour les remporter cette saison », rappelle son entraîneur. C’est ensemble qu’ils ont fixé ces objectifs. « Mais pas de pression du résultat avec moi, on n’en parle pas tous les jours », souligne Bruce Liaud. « Il faut juste que ce soit un moteur pour avancer, pour être performant. C’est un objectif de travail. » Et ce travail a payé en début d’année 2018. Fin janvier dernier, au Costa Rica, Harold remporte pour la première fois de sa jeune carrière un tournoi junior international majeur. Et fait par la même occasion un bon au classement mondial junior – il occupe la quarante-cinquième place aujourd’hui. « Ça a été une délivrance. Je travaille pour ça toute l’année. C’est une sorte d’accomplissement. » À l’autre bout de la planète, sans sa famille, Harold a pu compter sur son coach, pour qui cette victoire a été « une bonne surprise. C’est une expérience supplémentaire pour lui. » Au fil du tournoi, Harold Mayot a progressé, pour finalement l’emporter sur son homonyme américain Keenan Mayo (7-5, 6-2), de deux ans son aîné.

12h30. Pause-déjeuner. L’occasion pour le jeune homme de couper un peu avant la reprise de l’entraînement l’après-midi. Sans doute aussi l’occasion de prendre des nouvelles de sa famille et de ses amis restés en Lorraine. Élise, une amie d’enfance rencontrée en CP, est d’ailleurs « vachement fière de lui ! ». Elle dépeint Harold comme « drôle, très généreux. C’est un bon gars. Je ne le vois pas souvent car il consacre beaucoup de temps au tennis. Il fait très attention. Mais quand il aime quelque chose, il le fait à fond ». Supporter du FC Metz, le jeune tennisman aime aussi la musique. « Je fais de la guitare, mais vite fait. »

14h30. La journée continue et se termine par une seconde séance sportive, consacrée au tennis lui-même. Harold a quatre ans lorsqu’il tient pour la première fois une raquette dans les mains. « À l’époque, mon père jouait au tennis. Pour l’imiter, je tapais dans une balle contre un mur. » C’est ainsi que son histoire d’amour avec la petite balle jaune est née. Le jeune homme s’est bien essayé à d’autres sports, au judo notamment. Mais il est vite revenu au tennis. « Je préfère les sports individuels à ceux collectifs. Le tennis est un jeu tactique, c’est ce que j’aime. » Harold n’a connu qu’un seul club, le Tennis Club de Marly, la ville qui l’a vu grandir. « C’est un petit club de village, familial. Tout le monde se connaît ! » Aujourd’hui encore, il est licencié là-bas. Les points forts d’Harold ? « Un très bon revers » selon son entraîneur Bruce Liaud. « Il a aussi une bonne analyse du jeu et n’a aucune lacune qui pourrait l’empêcher d’aller plus haut. » Mais « tout est encore perfectible. Gagner en longueur de balle, en endurance, en coordination. Mais heureusement d’ailleurs, car sinon cela voudrait qu’il a déjà atteint ses limites à seulement seize ans ». L’enjeu surtout pour Harold : optimiser à 100 % ses séances d’entraînement. « Il a tendance parfois à se braquer rapidement, à se frustrer car il veut trop bien faire. Il ne faut pas confondre fort et mauvais caractère.» Un fort caractère qui fait de lui un grand compétiteur. Harold multiplie les tournois aux quatre coins du monde. Espagne, Croatie, Colombie, Slovénie, Qatar, autant de terres foulées grâce au tennis. À l’heure où ces lignes sont écrites, Harold Mayot est en route pour l’Italie…

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Juliette MICHENAUD

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