La partie invisible de Roland-Garros

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Le tennis est un sport individuel. Deux joueurs s’affrontent dans un duel qui peut s’éterniser et que rien ne semble pouvoir troubler. Ainsi, un match à Roland-Garros semble n’être que l’oeuvre de deux sportifs, et pourtant.

Ce dimanche, Roland-Garros 2018 a commencé sur les chapeaux de roues, avec déjà des victoires, du jeu et des belles histoires. Ces moments, ce sont les sportifs qui nous les font vivre. Mais pour qu’ils puissent s’exprimer, il y a toute une organisation, et c’est du sport. Sur le court, les deux adversaires ne sont pas tous seuls.

Evidemment, l’arbitre, installé sur sa chaise, est le chef du court. Son autorité est incontestable, tant sur les joueurs que sur le public. Un simple « s’il vous plaît » de sa part fait taire le public.

Mais l’arbitre ne peut pas travailler seul. Dans un sport de précision comme le tennis, il faut tout surveiller. Chaque ligne est sujet à débat, c’est pourquoi un juge de ligne surveille chacune d’entre elles. Ils sont au total neuf : deux équipes de trois en fond de court (deux pour les lignes de côté, un pour la ligne médiane de service) et trois sur le côté (deux pour les lignes de fond de court, un pour la ligne de service).

Quand la balle franchit une ligne, le juge de celle-ci intervient, en criant « out », et l’arbitre fait confiance en son jugement. Leur rôle est d’autant plus important puisque Roland-Garros est le dernier Grand Chelem à ne pas avoir installer le Hawk-Eye (la surveillance vidéo) sur tous les matchs.

Le métier n’est pas simple. Il est très protocolaire, puisque leurs moindres déplacements (en cours de jeu ou pendant les pauses) sont méticuleusement étudiés. Ils rentrent et partent ensemble, se mettent en position en même temps que les tennismen. Toujours concentrés sous un soleil brûlant, les juges fatiguent vite et n’ont pas le droit à l’erreur. C’est pour cela que fréquemment, en cours de match, une nouvelle équipe prend la relève.

Parfois, le métier de juge de ligne est même dangereux : en 1983, Stefan Edberg joue la demi-finale de l’US Open Juniors. Sur un de ses services, l’arbitre Richard Wertheim, 61 ans, se prend la balle dans l’aine et s’écroule, se fracturant alors le crâne contre le sol en ciment. Il décède cinq jours plus tard à l’hôpital.

Heureusement, ces incidents restent rares, mais ils ont renforcé le protocole de sécurité. Les ramasseurs de balle ont eux aussi des règles à respecter. Malgré leur jeune âge (entre 12 et 15 ans), leur rôle est fondamental. Choisis parmi les licenciés de la FFT après une journée de sélection (avec des épreuves techniques de lancé ou de roulé, et d’autres physiques d’endurance et de vitesse) et une formation d’une semaine, 220 jeunes joueurs ont la chance de participer au succès de Roland-Garros.

Ces bénévoles débutent leurs journées vers 10 heures, pour se terminer au coucher du soleil. En plus de ramasser les balles, ils portent les parasols pour les joueurs, vont chercher de l’eau, des bananes ou une serviette à la pause… Pour chaque court, trois équipes de six tournent, en moyenne toutes les trente minutes. Pas toujours simple, surtout que chaque joueur a ses manies, auquel le ramasseur doit s’adapter.

Les équipes techniques sont toujours mobilisées pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions possibles. A chaque pause, des employés aplanissent la terre battue et balayent les lignes de touche. Entre chaque match, la terre battue est arrosée et le filet vérifié. Tout doit être parfait, ou du moins, le mieux possible. Si certains, peut-être un peu de mauvaise foi, se plaignent d’un filet trop haut, tout le travail autour du court ne doit pas être oublié.

Baptiste Allaire

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