Parry sur l’avenir

Parry sur l’avenir

Sensation de Roland Garros 2018, top 10 junior au niveau mondial, Diane Parry pourrait bien s’affirmer comme la future tenniswoman française. Entre intérêt médiatique, projection de carrière, emploi du temps chargé et Roland Garros 2019, la Française s’est confiée.

Non classée à Roland Garros en 2018. Vainqueur de la 109ème mondiale Jana Fett. A 15 ans. Diane Parry avait épaté le monde du tennis français l’année dernière. Jouer à Roland Garros a toujours été son objectif. Elle habite à Boulogne-Billancourt, à deux pas des courts de tennis de ce prestigieux tournoi. Scolarisée à l’école primaire Dupanloup, un simple coup d’œil par la fenêtre et elle était à Roland.

Gérer la pression médiatique

Premier tour passé. Les articles, interviews et reportages se sont multipliés pour Diane Parry. A 16 ans, on n’est pas encore totalement armé pour gérer ce genre de situation. « Je pense que j’ai assez bien géré, je trouvai que ça allait », assure-t-elle. Un exercice plutôt réussi pour la jeune tenniswoman, avant de retourner sur le circuit junior où l’attention médiatique est moins importante.

Un corps à façonner

Neuvième du circuit mondial junior, 496ème au classement WTA. Diane Parry a fait du chemin depuis sa performance à Roland Garros. Son entrée au CNE il y a deux ans et demi n’y est sûrement pas pour rien. Suivie quotidiennement par des médecins, son entraîneur et un préparateur physique, tout est mis en place pour lui assurer une voie royale jusqu’au succès. « Elle est à l’aise dans beaucoup de surfaces et beaucoup de situations. Elle a une très bonne motricité globale », analyse Pierre Mazenq, son préparateur physique. Au moins deux séances de renforcement par jour, du lundi au samedi intercalées avec les entraînements de tennis. « On travaille encore les qualités d’endurance pour être capable de réagir à l’effort et d’enchaîner plusieurs matchs et de finir une saison en étant vraiment disponible. L’idée c’est de consacrer encore 2-3 années à sa formation pour le haut-niveau. » Une évaluation médicale est effectuée en début d’année pour cibler ses niveaux de performance et axer le travail. « Quand on passe de dur à terre, on modifie l’entraînement. Au niveau du service on va plutôt utiliser le kick que le slice donc la préparation musculaire est un peu plus importante aussi. La manière de se déplacer sur le terrain évolue en fonction de la surface. D’un point de vue prévention les adducteurs sont plus sollicités, et d’un point de vue énergétique les points durent plus longtemps et les matchs aussi. » Et ce qu’elle préfère travailler en général c’est « tout ce qui est qualité musculaire : vitesse, vivacité, puissance, explosivité, force, avec des efforts très brefs et intenses. » Un travail qui va de paire avec celui du coach, Gonzalo Lopez. « C’est moi qui lui dis quand je la trouve lente ou qu’elle est trop fatiguée en fin de match. Ensuite c’est lui qui décide comment travailler. »

En janvier, Diane Parry s’envole pour l’Australie avec l’open d’Australie junior en ligne de mire. Après un premier tournoi de grade 1 à Traralgon, elle est forcée d’abandonner alors qu’elle menait 6/2, 2/1 face à la Géorgienne Zoziya Kardava. La raison ? Une déchirure à l’ischio-jambier sur une accélération. Ce qui a mis sa saison sur pause. « C’est dommage parce qu’on fait un bel hiver et elle aurait vraiment pu faire quelque chose à l’Open d’Australie », explique Pierre Mazenq. Pour son entraîneur, Gonzalo Lopez, « ça lui a cassé plusieurs mois ».

Simple et double : même combat

Diane Parry ne brille pas qu’en simple. Associée à Clara Burel, autre espoir du tennis français féminin récemment médaillée aux Jeux Olympiques de la jeunesse, les deux Françaises réalisent de belles choses. Quarts de finale des JOJ, 16ème de finale de l’US Open junior, demi-finale des internationaux de tennis junior du Canada, quarts de finale à Wimbledon, etc. Diane Parry l’assure « ça permet de jouer un autre jeu même si ça peut parfois fatiguer pour le simple ».

L’échec est-il permis ? 

Si aujourd’hui, certains lui prédisent un avenir radieux au plus haut niveau du tennis. La réalité pourrait être différente. Si son objectif n’est pas atteint, elle devrait peut-être réfléchir à son avenir. « Je n’y pense pas du tout. Je verrai comment ça se passe, mais je ne veux pas y penser ». Son frère est parti étudier dans une université américaine. Une opportunité qui n’est pas totalement à son goût.

Un avenir tout tracé ?

« Notre objectif c’est qu’elle soit dans les trois meilleures juniors mondiales et qu’elle joue des masters en septembre ». Gonzalo Lopez Sanchis, son entraîneur depuis le mois de septembre, ne tarit pas d’éloge sur sa protégée. « Elle a un très bon revers, mais ses points forts se sont surtout son service et son coup droit ». Mais il se veut surtout prudent sur son avenir. « Nous on voit que si tu fais un gros travail tu peux être dans les 10-20 premières mondiales. Mais il faut faire ce gros travail sinon tu ne vas jamais y être. C’est ça le plus important. Tu vois d’autres filles qui n’ont pas sa qualité technique. Diane c’est une joueuse un peu comme Clara Burel. Si on fait un bon travail, elles ont la qualité naturelle pour être dans les 20 premières mondiales. Elle doit comprendre à quel niveau elle doit travailler pour y arriver. » Le duo semble bien s’entendre et porter ses fruits. « C’est la fédération qui me l’a proposé. Il pouvait m’apporter du positif et ça s’est très bien passé dès le départ. Il aime beaucoup le panier et la répétition. Il a une vision différente des entraîneurs français et c’est bien pour moi je pense » selon Diane Parry.

Que ce soit son coach ou son préparateur physique, tous deux s’accordent pour dire qu’elle a tout pour réussir au plus haut niveau. Les dés sont jetés.

Après sa blessure, Diane Parry est revenue en forme. Elle remporte le tournoi junior de grade 1 au Brésil, accède à la demi-finale d’un grade A à Porto Alegre et aux quarts de finale à Casablanca en mars dernier. Elle a aussi disputé quelques tournois professionnels. Santa Margherita di Pula et Tunis dont elle sort plutôt satisfaite. Et son coach lui donne raison. « Je suis content, je trouve qu’elle progresse très bien. Chaque tournoi qu’elle joue avec les pros, elle monte son niveau. Elle est sur le bon chemin. » Bientôt elle ira en Allemagne, à Cagnes sur mer et à Saint Gaudens. Un programme chargé avant l’édition 2019 de Roland Garros où elle pourrait encore épater ses pairs.

Elena Cervelle

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