Le 13e numéro de Latitudes Sur-vivre la route a été réalisé par les étudiants de la 92e promotion de l’ESJ Lille. Le magazine déroule le parcours chronologique de migrants qui passent par la Méditerranée pour atteindre l’Europe à la recherche d’une vie meilleure. Pour retracer ce parcours, les étudiants se sont rendus en Jordanie, en Tunisie, en Algérie, au Maroc, au Sénégal, en Italie, en Bulgarie, en Grèce ou encore en Angleterre mais aussi en France – à Calais et dans la métropole lilloise – à des nouveaux points de passage pour tenter de raconter les problématiques de ces migrants qui doivent traverser une route longue et compliquée.

Les étudiants ont également créé un site web http://www.tenir-la-route.fr/. Ils parlent des routes migratoires autour de la Méditerranée à travers le corps des migrants. Ce qu’ils ont cherché à comprendre, c’est comment leurs corps changent sur la route ? Comment on se nourrit ? Comment on communique ? Comment on s’aime ? Comment on dépasse la souffrance ?

Vivre sur la route, survivre à la route
Elles dessinent les cartes, mais aussi des destins. Elles sont les contours d’un espoir. Les routes migratoires à destination de l’Europe se tracent et se retracent sans cesse, pavées d’épreuves à chaque étape. Elles traversent les déserts, les montagnes, les mers. Le coup de crayon détermine le sort de milliers de personnes qui rêvent d’une vie meilleure. Impossible d’en sortir indemne. Des geôles libyennes au camp de Za’atari en Jordanie, en passant par les rues londoniennes, la frontière bulgare, l’île de Kerbennah en Tunisie et les camps français de migrants, les étudiants de la 92e promotion de l’ESJ Lille ont pris la route pour que ceux qui les empruntent la racontent. Qu’ils nous disent comment ils se sont préparés à quitter leurs foyers, ce qui les a fait tenir chemin faisant, leurs désillusions, et comment le voyage continue une fois arrivés à destination. 3 119 morts en Méditerranée en 2017. 100 000 demandes d’asile en France la même année, un record. Trop souvent, l’histoire des routes migratoires s’écrit en chiffres. Les migrations sourdent en bruit de fond, et sur nos téléphones, les alertes signalant un énième naufrage de canot n’alarment plus vraiment. En donnant la parole aux migrants, nous avons voulu expliquer la route autrement que par ses drames. Leurs récits se ressemblent, dans l’horreur comme dans la résilience.
La 92e

Pour consulter le magazine en ligne