Les M1 présentent leurs Thémas : retour sur une année de projets éditoriaux
7 juin 2026 2026-06-05 15:56Les M1 présentent leurs Thémas : retour sur une année de projets éditoriaux
Les M1 présentent leurs Thémas : retour sur une année de projets éditoriaux
Chaque année, les étudiant(e)s de première année du diplôme généraliste (grade de Master) se consacrent aux traditionnels Thémas. Ces projets au long cours, encadrés par des journalistes professionnel(le)s, leur permettent d’explorer des sujets de fond tout en développant des compétences éditoriales, techniques et organisationnelles.
Pour cette édition 2026, les étudiant(e)s avaient le choix entre six Thémas, chacun abordant une thématique et des outils journalistiques différents.
La journée de restitution a été l’occasion pour les groupes de présenter le fruit de plusieurs mois de travail. Un rendez-vous particulièrement symbolique puisqu’il marque également leur dernière journée à l’école avant la rentrée en 2e année.
La Cave aux Canards
Encadré par Cyril Petit (Ouest-France, directeur de la rédaction de Paris et rédacteur en chef délégué en charge du développement éditorial national).
Le Théma La Cave aux Canards met en lumière les trésors des archives de l’ESJ Lille.
Cette année était la quatrième saison de ce média original. Tout au long de l’année, les « canetons » ont réalisé des entretiens avec des journalistes dans la cave de l’école, un lieu chargé d’histoire qui permet de retracer le parcours des invité(e)s à travers des Unes, des journaux et différents documents liés à leur carrière.
Au total, 12 vidéos ont été produites par une équipe de 15 étudiant(e)s composée de trois rédacteurs/rédactrices en chef, deux rédacteurs/rédactrices en chef vidéo, deux responsables des réseaux sociaux et de trois responsables éditoriaux.
Ces 12 vidéos sont valorisées sur les réseaux sociaux avant d’être publiées sur la chaîne YouTube du média. Chaque membre de l’équipe, en plus de son rôle, a pu participer aux choix des invité(e)s, à la captation et au montage.
Au-delà de la rencontre avec des journalistes et du recueil de leurs témoignages, ce Théma constitue une véritable école de la technique et de l’organisation. Il offre également l’opportunité d’étendre le projet en participant à des événements organisés par l’école, comme le Journalivre, mais aussi de mettre en place des conférences afin de faire profiter toute la promotion de l’expérience des invité(e)s.
Chaque entretien suit le schéma suivant : l’invité(e) entre dans la cave et découvre les archives de l’école. La visite débute par l’ouverture de la malle surnommée la « boîte à œufs », qui renferme un objet faisant référence à un moment marquant de sa carrière. Une première réaction spontanée lance alors l’échange. Puis, la déambulation commence à travers les archives : projection d’une vidéo réalisée par un proche qui se termine par une question, découverte de Unes et d’articles marquants, choix du « canard » puis interview dans le désormais incontournable fauteuil rouge.
Cette année, les canetons ont pu interviewer Grégoire Margoton, Évelyne Dhéliat, Mathilde Fontez, Jim Jarrassé… et bien d’autres.
Retrouvez l’ensemble des interviews ici
Rompre l’emprise
Encadré par Aliénor Carrière, journaliste et réalisatrice indépendante et Cécilia Brès, journaliste, réalisatrice cheffe opératrice.
Le Théma Rompre l’emprise a donné naissance cette année au documentaire « Souviens-toi, je suis là », consacré aux mécanismes de l’emprise sectaire et à leurs conséquences sur les proches des victimes.
Avant même le tournage, les étudiant(e)s ont mené un important travail d’immersion afin de comprendre les ressorts de l’emprise et d’identifier les personnes susceptibles de témoigner dans le documentaire. Cette phase de pré-enquête a notamment été réalisée en lien avec le CAFFES, le Centre national d’accompagnement familial face à l’emprise sectaire.
Le projet s’est d’abord intéressé aux nouvelles dérives thérapeutiques apparues ou renforcées après la crise du Covid-19. Cependant, les témoignages à visage découvert se sont révélés difficiles à obtenir, de nombreuses procédures étant encore en cours en raison de la récence des faits.
L’équipe a alors choisi de se concentrer sur le point de vue des familles et des proches, souvent confrontés à l’impuissance face à l’emprise exercée sur l’un des leurs.
Pour trouver des témoins, les étudiant(e)s ont multiplié les démarches : deux appels à témoignages, l’exploration d’une dizaine de groupes Facebook, de longues heures de veille sur TikTok, la consultation de nombreux ouvrages autoédités disponibles sur Amazon, ainsi que des échanges réguliers avec le CAFFES et de nombreux pré-entretiens.
Une recherche de terrain exigeante, parfois décourageante, qui a demandé persévérance et patience. L’équipe a également dû faire des choix difficiles parmi les témoignages recueillis.
Pour illustrer les liens familiaux fragilisés par l’emprise, les étudiant(e)s ont imaginé un dispositif de réalisation mêlant collages et photographies. Ce travail visuellement très délicat permet de faire apparaître et disparaître symboliquement les personnes au fil du récit, traduisant la rupture progressive des liens avec leurs proches.
La phase de postproduction s’est révélée particulièrement intense. Le montage a nécessité environ 100 heures de travail réparties sur une dizaine de jours.
Au-delà du sujet traité, ce Théma a permis aux étudiant(e)s d’apprendre à travailler sur un projet documentaire de longue haleine en parallèle de leurs autres productions journalistiques de l’année.
L’ambition du projet ne s’arrête pas à sa diffusion au sein de l’école. L’équipe envisage désormais de présenter le documentaire à plusieurs festivals et d’explorer la possibilité d’une diffusion auprès d’Arte.
Il vous faudra donc encore un peu de patience avant de pouvoir le visionner.
L’Équipe Explore
Encadré par Marie Thimonnier, journaliste société, sport et genre.
Chaque année, un groupe de l’ESJ Lille candidate au Prix L’Équipe Explore (long format numérique) dans le cadre des Thémas.
Le Théma L’Équipe Explore s’est intéressé à une réalité encore peu abordée dans le monde du sport de haut niveau, celle des athlètes confronté(e)s au cancer au cours de leur carrière.
À travers le projet multimédia « Cancer, l’épreuve du silence », les étudiant(e)s ont choisi d’explorer l’évolution de la parole autour de la maladie. Si le cancer a longtemps été un sujet tabou dans le sport professionnel, de plus en plus de sportifs et sportives témoignent aujourd’hui publiquement de leur expérience, contribuant à faire évoluer les regards.
Le projet est né d’une réflexion autour du lien entre sport et santé. Rapidement, l’équipe a souhaité approfondir un autre aspect : la difficulté, pour certain(e)s athlètes, de parler de leur maladie dans un environnement marqué par la performance, la compétition et l’image publique.
Les étudiant(e)s se sont ainsi penchés sur les mécanismes qui entourent la prise de parole des sportifs atteints de cancer, mais aussi sur la médiatisation de ces témoignages.
Pour mener leur enquête, les membres de l’équipe ont contacté 37 sportifs et sportives afin de recueillir des témoignages et des retours d’expérience. Parmi les personnes interviewées figurent notamment Claire Lelarge, du LOSC, ou encore le sprinteur belge Julien Watrin.
Dès le départ, l’équipe a souhaité s’éloigner des représentations souvent sombres associées au cancer. Avec l’aide d’une graphiste, Camille, les étudiant(e)s ont imaginé une direction artistique colorée et dynamique.
Pensé comme une véritable expérience numérique, « Cancer, l’épreuve du silence » combine plusieurs formats journalistiques : textes, photographies, vidéos et contenus audio.
À fleur de voix
Encadré par Catherine Guilyardi, journaliste et enseignante.
Le Théma À fleur de voix invite les étudiant(e)s à explorer un exercice journalistique exigeant : le traitement de l’intime.
À travers le site afleurdevoix.esj-lille.net, les étudiant(e)s ont travaillé sur des récits à la première personne, une forme narrative qui s’est largement développée dans le journalisme au cours de la dernière décennie. L’objectif n’est pourtant ni de tenir un journal intime ni de mettre en scène l’émotion, mais de raconter une expérience personnelle capable de résonner de manière universelle.
Pour construire ces récits, les étudiant(e)s ont été amenés à interviewer leurs proches. Un exercice délicat qui interroge la juste distance à adopter avec ses interlocuteurs / interlocutrices, particulièrement lorsque les sujets abordés sont sensibles ou profondément personnels.
Ce travail a permis aux jeunes journalistes de réfléchir à leur posture professionnelle, à l’écoute et à la manière de recueillir et/ou traiter une parole intime tout en conservant le recul nécessaire à l’écriture journalistique.
À travers ces témoignages singuliers, À fleur de voix met en lumière des histoires personnelles qui, bien souvent, font écho à des expériences partagées par un grand nombre de lecteurs et lectrices.
Quartiers en Nord
Encadré par Stéphanie Maurice, journaliste presse écrite.
Le Théma Quartiers en Nord s’intéresse aux quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) dans les Hauts-de-France.
À travers le site quartiers-en-nord.esj-lille.net, les étudiant(e)s ont mené des reportages de terrain dans plusieurs territoires afin de raconter le quotidien de leurs habitant(e)s, loin des représentations réductrices et des préjugés souvent associés aux quartiers populaires.
Au Beau-Marais, à Calais, l’équipe a exploré quatre lieux qui racontent quatre histoires : les conditions de vie dans la résidence Auguste-Renoir, où les habitant(e)s composent avec l’absence de chauffage ou l’humidité tout en développant des initiatives collectives ; les maisons Castor, construites à proximité des grands ensembles ; le café de Mahmut ; et enfin le premier barbecue de l’année dans une cour d’immeuble, prétexte à la rencontre d’une dizaine de jeunes du quartier.
À Tourcoing, dans le quartier de La Bourgogne, les étudiant(e)s se sont intéressé(e)s au rôle central joué par les femmes dans la vie locale, mais aussi à la cohabitation entre architecture ancienne et constructions plus récentes.
À Lens, connue à l’international pour son club de football, le RC Lens, et son héritage minier, le reportage s’est concentré sur le quartier des Provinces. Entre city-stade, associations sportives et clubs de football, les étudiant(e)s ont observé comment le sport contribue à maintenir le lien social.
À Condé-sur-l’Escaut, où l’ensemble de la commune est classé en QPV, l’enquête a porté sur les logements vacants, les difficultés d’accès à l’emploi et les mutations d’une ville constamment en travaux. Si de grands employeurs sont présents à proximité, comme Carrefour ou l’usine Toyota située à une vingtaine de minutes, la mobilité reste un enjeu majeur pour les habitant(e)s.
Enfin, à Louvroil, les étudiant(e)s ont documenté les problématiques d’illettrisme, de chômage et de pauvreté, tout en mettant en lumière le travail des associations qui accompagnent les habitant(e)s au quotidien.
L’un des enseignements majeurs du projet a été la nécessité de retourner plusieurs fois sur le terrain. Une démarche indispensable pour dépasser les premières impressions, les préjugés, instaurer la confiance et raconter ces quartiers dans toute leur complexité.
Media’Tech
Encadré par Auriane Guérithault, journaliste Le dessous des images.
Le Théma Media’Tech plonge les étudiant(e)s dans l’univers de la veille journalistique et de l’innovation dans les médias.
Depuis maintenant dix ans, la Média’Tech permet de produire une newsletter consacrée aux évolutions du secteur médiatique, aux nouvelles pratiques éditoriales et aux outils qui transforment le métier de journaliste.
Publiée tous les quinze jours, le lundi à 9 heures, la newsletter est réalisée à l’aide de la plateforme d’édition Beehiiv. Sa production repose sur un important travail de veille et de sélection de l’information tout au long de l’année.
Cette saison, l’équipe a enrichi sa formule avec la création d’une nouvelle rubrique : « La reco thématisée ».
La newsletter s’articule désormais autour de plusieurs formats : un édito, une interview, une infographie, un décryptage, la rubrique « 1, 2, 3 IA » ainsi que différentes recommandations.
Au fil de l’année, les étudiant(e)s ont également réalisé douze interviews, donnant la parole à des personnes issues du monde des médias et de l’innovation.
À travers ce Théma, ils et elles découvrent les exigences de la veille professionnelle, de la hiérarchisation de l’information et de la production régulière d’un contenu éditorial destiné à un public spécialisé.
Pour lire leurs contenus et vous abonner, c’est par ici : https://lamediatechesj.beehiiv.com/
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